ScreenDétox, la semaine sans écran vécue de l’intérieur !

ScreenDétox, la semaine sans écran vécue de l’intérieur !

Du 27 mars au 1er avril 2022 une centaine d’élèves âgés de 10 à 14 ans ont pris part à la ScreenDétox organisée annuellement par les membres des écoles obligatoires de la ville de Monthey. Si plusieurs participants semblent satisfaits de cette deuxième édition, d’autres reconnaissent avoir eu énormément de difficulté à se passer de leurs écrans durant quelques jours. C’est le cas de *Perceval 12 ans qui avoue n’avoir tenu qu’un seul jour : « J’ai voulu tenter l’expérience, mais direct le premier soir j’ai craqué! J’ai mes habitudes le soir et je ne voulais pas faire autant d’effort. »
Dans cette article, nous vous proposons de revivre cette expérience à travers plusieurs témoignages récoltés avant, pendant et après la ScreenDétox.

Les activités

Contrairement à la première édition où les participants ont dû trouver par eux-mêmes des occupations pour ne pas céder à l’appel du numérique, cette année, les organisateurs ainsi que de nombreux enseignants ont proposé plusieurs activités sportives, créatives, ludiques, tous les jours dans le but non seulement d’aider les jeunes à organiser leur journée, mais surtout pour faire en sorte qu’ils puissent se réunir à l’extérieur et rencontrer du monde. *Abelfort 11 ans : « C’était trop marrant de jouer contre les profs au foot! «  *Meï 10 ans: « Je voulais trop faire la balade avec les chiens, mais on m’a dit que c’était full! » Effectivement, même si les élèves avaient la possibilité de choisir entre plusieurs activités, la plupart d’entre elles atteignaient rapidement la capacité maximum. Les organisateurs ont dû souvent procéder à un tirage au sort pour répartir les élèves dans les activités encore disponibles.

Les difficultés rencontrées par les participants

Cette année, ScreenDétox offrait la possibilité aux participants de s’inscrire en choisissant l’une des trois difficultés suivantes :

Niveau 1  » Débutant « : Durant 5 jours, les écrans sont interdits sauf pour les utilisations professionnelles. Cependant, le participant/la participante bénéficie d’un joker de 30 minutes par jour pour utiliser les écrans à sa guise.

Niveau 2 « Intermédiaire « : Durant 5 jours, les écrans sont interdits sauf pour les utilisations professionnelles. Cependant, la participante/le participant peut choisir une soirée joker durant laquelle, il/elle pourra utiliser les écrans durant 1heure et 30 minutes.

Niveau 3 « Expert »: Durant 5 jours, les écrans sont totalement interdits en dehors de l’école et du contexte professionnel.

Ces niveaux ont permis à plusieurs élèves réticents de pouvoir tout de même prendre part à la semaine en choisissant le niveau 1. Cependant, *Sheldon 11 ans reconnaît que le premier niveau était presque trop simple : « Normalement dans la semaine, je peux utiliser les écrans 1 heure par soir, alors là pour le niveau 1 je perdais seulement 30 minutes, c’était facile du coup. Je pense que l’année prochaine je vais au moins essayer le niveau 2.« 
D’autres élèves comme *Penny 13 ans n’ont eu aucune difficulté à relever haut la main le défi de la ScreenDétox: « J’ai choisi le niveau 3, « expert ». Je pensais que ce serait plus difficile, j’ai participé à toutes les activités et il me restait environ 2 heures par soir à tuer, le mercredi était un peu plus dur, mais je suis sortie toute la journée avec mes amis. » Malgré la possibilité de pouvoir personnaliser sa ScreenDétox, plusieurs élèves n’ont tout de même pas voulu y participer. C’est le cas de *Barry 10 ans qui n’a pas voulu perdre son seul jour d’écran dans la semaine: « Mes parents me laissent seulement utiliser mes écrans le mercredi après-midi et le week-end. Je pense que ce challenge est bien pour ceux qui vont trop sur les écrans, moi je trouve que je gère déjà très bien moi-même les écrans.
Quelques jours, voir quelques semaines après le challenge, plusieurs élèves livrent leur expérience personnelle. *Pietro 12 ans donnent plusieurs détails intéressants :  » J’adore les écrans, normalement je joue tous les jours et je vais beaucoup sur Youtube et Twitch. Moi je ne voulais pas du tout participer à cette semaine, mais mes parents m’ont un peu obligé. J’ai directement senti que c’était difficile le premier jour, mais à partir de mercredi, j’ai commencé à m’habituer. Je me réjouissais de retrouver les écrans, mais j’ai aussi aimé prendre plus de temps à table avec ma maman et son copain. Ce qui m’a manqué le plus, c’est de ne pas parler avec mes amis au micros quand on joue. »
*Wanda 11 ans, nous explique pourquoi elle n’a pas réussi à relever le défi : « Je regarde tous les jours Neflix. J’ai tenu 2 jours, mais au bout d’un moment je me suis demandée pourquoi je m’enlevais quelque chose que j’aime bien. Alors j’ai arrêté le mercredi après-midi. »

Le positif

Il est vrai que les activités proposées tout au long de la semaine semblent avoir joué un rôle majeur dans la réussite de ce projet, cependant, il ne faudrait pas négliger l’implication des adultes (professionnels et/ou parents) qui reste sans doute l’un des éléments central qui a grandement contribué à la bonne tenue de cet ambitieux projet. En effet, plusieurs parents n’ont pas hésité eux aussi à réduire voir même totalement supprimer les écrans durant les 5 jours afin de soutenir leurs enfants. Plusieurs professionnels du milieu scolaires se sont investis avant, pendant et même après la ScreenDétox. Au moment de dresser le bilan final, Steve Saffioti enseignant en 8H donne son point de vue en tant que titulaire d’une classe : « La semaine sans écran a été une franche réussite. Tous les enfants ont montré un énorme enthousiasme. Au quotidien, j’ai surpris plusieurs élèves de ma classe se soutenir entre eux dans les moments délicats. De plus, les activités proposées ont permis aux enfants de se rendre compte qu’il y a beaucoup d’activités extra-scolaires intéressantes et ludiques à faire. Espérons que cela permette à certains élèves de se distancer quelque peu des écrans. » Même son de cloche pour Guillaume Vautravers enseignant en 7H : « Alors j’ai trouvé que c’était une chouette expérience qui représente un vrai challenge dans le quotidien par rapport à toutes les mauvaises habitudes que je trouve que l’on a avec le téléphone. Par exemple, on ne peut pas attendre 2 minutes sans le sortir, sans raison particulière. Je pense ne pas être trop accro aux écrans et ça m’a permis de me rendre compte que même si j’y passe peu de temps, je consulte tout de même souvent mon portable. Pour les élèves, j’ai trouvé qu’ils étaient motivés et que les activités avaient bien fonctionné, qu’ils étaient très preneurs. C’est à dire si on leur propose autre chose que les écrans, ils marchent à fond et les oublient rapidement. ça peut inciter peut-être à mettre en place des activités, de voir des élèves d’autres classes, degrés et centres pour la cohésion, je trouve que c’est parfait et ensuite pour le passage au cycle, ils connaissent déjà des plus grands et vice-versa. »

Les améliorations à apporter pour la prochaine édition

Même si la grande majorité reste unanime quant à la réussite de cette deuxième édition, à l’arrivée, les 4 protagonistes principaux s’accordent pour dire que la marge de progression du projet est conséquente. *Katnis 9 ans : « Je voulais moi aussi participer aux activités, ma soeur voyait plein de monde tous les jours et moi je ne pouvais pas. » Des remarques comme celle-ci n’ont pas été rares avant, pendant et après le projet. En effet, afin de pouvoir encadrer le mieux possible toutes les activités, cette année, la ScreenDétox était uniquement ouverte aux élèves de 7H, 8H et 9CO. Quid des élèves de 3H, 4H, 5H, 6H et surtout ceux de 10ème et 11ème qui semblent être la population la plus encline à surinvestir dans le monde virtuel ? Ils pouvaient bien évidemment prendre part au projet, sans pour autant avoir la possibilité de se joindre aux activités quotidiennes. De ce fait, les organisateurs ont recensé un taux de participation relativement faible de la part des élèves qui ne pouvaient pas s’inscrire aux ateliers. *Kageyama 14 ans : « Honnêtement j’ai entendu vite fait que y’avait la semaine sans écran, mais j’ai pas été mis au courant. »
Pour la prochaine édition, le projet devra s’ouvrir et être connu de tous les élèves qui souhaitent relever le défi afin d’éviter les éventuelles frustrations.

En somme, cette deuxième édition de la ScreenDétox reste une réelle réussite. Même s’il est impossible de contrôler si les participants ont totalement joué le jeu, des éléments comme, les rencontres effectuées tout au long de la semaine, les discussions informelles avec les enseignants, le mélange de tous les élèves entre eux et la réduction quotidienne de la consommation d’écran montrent que le défi principal a été relevé haut la main. *Hermione 12 ans : « Je n’avais jamais essayé les agrès, je vais demander à ma mère si je peux m’inscrire. »
Avant de se montrer définitivement ambitieux pour la prochaine édition, les organisateurs remercient profondément tous les enseignants qui ont accepté de consacrer leur temps libre pour encadrer les activités qui sans eux n’auraient jamais pu se dérouler aussi bien. Un grand merci également aux parents qui ont décidé eux aussi de relever le défi et de soutenir leurs enfants tout au long de la semaine. La ScreenDétox reviendra!

NB: Nous remercions également Aurélien Jaccard enseignant à l’école primaire pour son retourné acrobatique qui a eu énormément de succès auprès du public présent, mais aussi…… auprès de l’hôpital de Rennaz!

*Prénom d’emprunt

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