Réfléchissons avant de poster

EPCOMonthey - Education numérique

Réfléchissons avant de poster

La plupart des utilisateurs* qui possèdent un ou plusieurs comptes virtuels sont emmenés tôt ou tard à partager des photos et/ou vidéos sur leur profil personnel, c’est l’essence même des réseaux sociaux. D’une fois le contenu mis en ligne, les autres utilisateurs commentent, aiment ou partagent selon leur niveau d’approbation. Ce geste de publication devenu banal et quasiment quotidien pour une grande majorité de jeunes n’est pourtant pas à prendre à la légère. Plusieurs éléments primordiaux devraient être pris en considération avant chaque publication.

1. Le retour en arrière est impossible

C’est sans doute une pensée élémentaire, la première question que tous les utilisateurs devraient se poser avant de poster chaque publication (photo, vidéo, commentaires…), « Suis-je d’accord que cette photo/vidéo appartienne désormais à internet? » Cette interrogation qui peut paraître exagérée ne l’est pourtant pas. Ce n’est pas pour rien que les concepteurs comparent internet à une toile au vue des nombreuses complexités numériques qui échappent aux citoyens lambdas. Il faut partir du principe qu’une publication ne peut JAMAIS vraiment être supprimée. Une trace minime soit-elle perdure d’une manière ou d’une autre. De plus, pratiquement tous les smartphones d’aujourd’hui possèdent la fonction « capture d’écran ». Il faut donc être conscient que le contenu mis en ligne ou envoyé peut être conservé par tous les utilisateurs des réseaux sociaux en question.

2. Le droit à l’image

L’image d’une personne fait partie des privilèges les plus forts que tout un chacun possède, l’une des première émancipations que chaque enfant gagne auprès de ses parents. La possibilité de choisir ses vêtements, sa coiffure, les premières esquisses de sa propre construction identitaire. Au vue de ses éléments cruciaux, la loi interdit la publication de l’image d’une personne sans avoir eu son accord ou celui des parents (s’il s’agit d’un mineur) article 28 du CC. Même si quelques situations restent floues (manifestation, reportage), la base de cette loi permet à toute personne de disposer de son image et de son identité librement. Depuis l’avènement des réseaux sociaux basés sur la photographie, cet article de loi constitue l’une des infractions commises régulièrement. Effectivement, il n’est pas rare de voir des jeunes filmer leurs professeurs discrètement durant un cours, de prendre en photo une personne dans la rue et de la publier sur ses comptes ou de filmer une bagarre et de la publier sur les réseaux dans le but de faire du buzz. Ces actes trop souvent banalisés restent des actions graves qui viennent bafouer l’un des droits les plus importants dont tout être dispose.

3. Les commentaires et les avis des autres internautes

Comme expliqué dans l’introduction, lorsqu’un contenu est mis en ligne, les autres utilisateurs ont la possibilité de donner leur avis de plusieurs manières différentes. Que ce soit par les « likes » ou les commentaires ces actions envoient un retour au propriétaire du compte sur sa récente publication. Si la plupart des commentaires restent positifs, il n’est pas rare d’en voir quelques-uns moqueurs voir même insultants. Oui, l’univers virtuel est avant tout un vaste espace public (tout comme la société) qui est fréquenté par plusieurs personnalités. Dehors, nous pouvons rencontrer une personne sympathique, mais nous pouvons également tomber sur une personne insultante et jugeante envers notre style vestimentaire par exemple. Sur internet cette constatation prend encore plus d’ampleur en sachant que les limites physiques et temporelles disparaissent partiellement. De plus, la distance offerte par l’écran du téléphone, de la tablette ou de l’ordinateur peut pousser certains internautes à penser faussement que leurs paroles et leurs actes outrepassent les règles de base de la vie de tous les jours. Si ces comportements doivent bien évidemment être punis et prohibés par les modérateurs des applications en question, la réalité est tout autre. Un commentaire comme « Tu n’es pas joli sur cette photo » ne contient aucun caractère réprimandable, mais peut avoir un impact terrible sur une personne. Une répétition de ces remarques peut entrainer une baisse d’estime personnelle, d’autant plus durant la période de l’enfance et de l’adolescence. En partant du principe qu’il est difficile d’être protégé par les modérateurs des réseaux sociaux, chaque utilisateur doit se responsabiliser et prendre conscience que ses publications peuvent recevoir des retours négatifs et blessants. Néanmoins, quelques solutions existent afin de palier à ce problème:
1. Désactiver les commentaires dans les paramètres. 2. Mettre son compte en privé et accepter uniquement les personnes que nous estimons comme correctes. 3. Ne pas publier.


4. La sensibilité des utilisateurs

Comme expliqué ci-dessus, les réseaux sociaux restent un espace public virtuel qui offre à chacun une liberté d’action considérable. Malgré les quelques restrictions existantes au sein de ces applications, la possibilité de pouvoir partager toutes sortes de photos, de donner son avis et son opinion sur pratiquement tous les sujets existe bel et bien. Avant d’insuffler un bout de notre personnalité au travers une publication, il est important de se rappeler qu’un nombre considérable de personne peut tomber (volontairement ou non) sur chaque photo ou chaque commentaire par exemple. Tous les êtres humains sont différents. Une publication qui peut paraître anodine pour une personne peut sembler choquante pour une autre. Bien sûr que chaque utilisateur est responsable de sa propre utilisation, cependant, il demeure important de garder à l’esprit que nos actions virtuelles peuvent avoir un impact considérable, auprès des internautes.

*Dans le présent document, les termes utilisés pour désigner des personnes sont pris au sens générique, ils ont à la fois valeur d’un féminin et d’un masculin.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *